Juliette
. - Adieu !... Dieu sait quand nous nous reverrons.
Une vague frayeur répand le frisson dans mes veines et y glace presque la chaleur vitale...
Voici qui l'empêcherait... Repose ici, toi. (Elle met un couteau à côté de son lit. )
Et si, une fois déposée dans le tombeau, je m'éveillais avant le moment où Roméo doit venir me délivrer ! Ah ! l'effroyable chose !
Ne pourrais-je pas être étouffée dans ce caveau dont la bouche hideuse n'aspire jamais un air pur et mourir suffoquée avant que Roméo n'arrive ?
Ou même, si je vis, n'est-il pas probable que l'horrible impression de la mort et de la nuit jointe à la terreur du lieu...
En effet ce caveau est l'ancien réceptacle où depuis bien des siècles sont entassés les os de tous mes ancêtres ensevelis ;
où Tybalt sanglant et encore tout frais dans la terre pourrit sous son linceul ;
où, dit-on, à certaines heures de la nuit, les esprits s'assemblent ! Hélas ! hélas !
n'est-il pas probable que, réveillée avant l'heure, au milieu d'exhalaisons infectes et de gémissements
pareils à ces cris de mandragores déracinées que des vivants ne peuvent entendre sans devenir fous...
Oh ! si je m'éveille ainsi, est-ce que je ne perdrai pas la raison, environnée de toutes ces horreurs ?
Peut-être alors, insensée, voudrai-je jouer avec les squelettes de mes ancêtres, arracher de son linceul Tybalt mutilé,
et, dans ce délire, saisissant l'os de quelque grand-parent comme une massue, en broyer ma cervelle désespérée !
Phèdre
S'est hâtée à vos yeux de l'accuser lui−même.
Elle s'en est punie, et fuyant mon courroux,
A cherché dans les flots un supplice trop doux.
Le fer aurait déjà tranché ma destinée ;
Mais je laissais gémir la vertu soupçonnée.
J'ai voulu, devant vous exposant mes remords,
Par un chemin plus lent descendre chez les morts.
J'ai pris, j'ai fait couler dans mes brûlantes veines
Un poison que Médée apporta dans Athènes.
Déjà jusqu'à mon c½ur le venin parvenu
Dans ce c½ur expirant jette un froid inconnu,
Déjà je ne vois plus qu'à travers un nuage
Et le ciel et l'époux que ma présence outrage ;
Et la mort, à mes yeux dérobant la clarté,
Rend au jour qu'ils souillaient toute sa pureté.
Anaïs
laissant exalter a nouveau mes peines les plus profondes
qu'avec de rudes paroles j'ai haï ceux que j'aimais
parce que c'est a moi que j'en voulais.
Réussirais-je a porter les néfastes desseins qui s'offrent a moi ?
Arriverais-je a trouver l'équilibre à l'intérieur pour aimer les autres avec foi ?
D'un simple cri et d'un dur soupir je pourrais tout perdre
que de hurler dans le fond de âme et mes propres peines,
Je trouverais dans mon corps les chemins qui mènent au bonheur
Si je trouve enfin quelque chose ou quelqu'un effaçant mes peurs.
La solution de mon mal entraine les autres dans la fange
d'un simple geste je pourrais leur offrir des ailes d'archanges.



